Foyer Saint-Louis : le nécessaire débat

Courrier des lecteurs des Dernières Nouvelles d’Alsace du samedi 16 janvier 2016 :

« Il y a quelques jours, dans ces colonnes, un lecteur lançait à Roland Ries l’injonction suivante : « On arrête de discuter et on fait ! » A l’appui de cet ordre, il prenait l’exemple de la vente du foyer Saint-Louis à la Robertsau, envisagé par la paroisse catholique éponyme, « sujet serpent de mer, qui semble déchaîner les passions », selon lui.

En tant que membre du collectif à l’origine de ces « passions », j’invite ce monsieur à aller sur le site www.uncoeurpourlarobertsau.com, pour se documenter sur ce qui motive les oppositions citoyennes à cette vente.

Pour notre collectif et celles et ceux, de plus en plus nombreux, qui nous soutiennent, il s’agit d’empêcher la destruction d’un immeuble patrimonial sain et solide, qui contribue depuis cent ans à la vie sociale de notre quartier, et de sauvegarder les derniers espaces verts et libres dans le centre de la Robertsau, pour qu’ils deviennent des lieux de vie, de rencontre et de convivialité, au bénéfice de tous. Il y va de la vitalité du cœur historique de la Robertsau, autour de la rue Boecklin.

Parce qu’il scellerait la perte des dernières marges de manœuvre positive pour un cœur de quartier réellement vivant, il se trouve que le projet de la paroisse catholique va, d’une façon que nous jugeons exorbitante, à l’encontre de ces enjeux. Le scénario qu’elle nous propose serait coûteux pour tout le monde, avec un bénéfice qui serait exclusivement paroissial.

C’est parce qu’elle peut avoir des effets sur la collectivité que cette vente doit être soumise à l’avis de notre conseil municipal. C’est parce qu’elle est soumise à l’avis de notre conseil municipal que cette vente doit faire l’objet d’un débat public, auquel sont appelés tous les Robertsauviens. Le débat actuel est donc non seulement légitime, il est aussi légal.

Roland Ries a entendu cela et nous lui savons gré d’avoir donné une chance à un dialogue constructif et apaisé pour que nous puissions trouver un projet qui rassemble les Robertsauviens, au lieu de les diviser. Un « groupe de travail » a donc été instauré, qui n’a, pour l’instant, que peu commencé son travail.

Car, à ce dialogue, il faut des préalables, dont le premier est la capacité de chacune des parties impliquées à faire feuille blanche, c’est-à-dire à reprendre tout à zéro, dans l’écoute des autres et dans l’argumentation positive et apaisée de ses vues. À la Robertsau, cette condition n’est pas remplie, la paroisse restant arc-boutée sur ses positions et ce, depuis plus de 3 ans que ce débat a lieu.

Votre lecteur a donc raison : ce débat robertsauvien est tout à fait exemplaire de la crise du débat public que traverse notre pays et des blocages auxquels il peut se heurter. Simplement, alors que lui demande aux élus de couper le son, au risque d’un autoritarisme dévastateur, nous, nous leur demandons, au contraire, de l’augmenter, en imposant les conditions d’un débat public transparent, apaisé et ouvert, conditions qui nous paraissent indispensables à la restauration de leur crédibilité. »

Marc Hoffsess

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