Maintenant, gagner la « bataille Pour »

En janvier, nous avons eu confirmation de l’annulation de la vente du foyer Saint-Louis par la paroisse à Icade. C’est donc le retour au point de départ. Ce qu’on peut appeler la « bataille Contre » est donc gagné, les projets funestes de destruction du foyer sont désormais relégués aux oubliettes, grâce au collectif Un cœur pour la Robertsau, à ses donateurs, au conseil de quar- tier, aux associations et à toutes celles et ceux qui se sont engagés à nos côtés. Et maintenant ?

 

Après l’engagement de Roland Ries à un achat du foyer par la Ville, annoncé l’été dernier, Icade a donc renoncé à la promesse de vente qu’il avait signée avec la paroisse, annulant ainsi cette vente. Du coup, le recours que l’ADIR avait déposé contre l’accord du Préfet pour cette vente est lui aussi caduc, Icade s’étant fort logiquement retiré de l’affaire. C’est évidemment une nouvelle et belle victoire du collectif Un cœur pour la Robertsau et de ses nombreux soutiens.

Nous voilà donc revenus en 2015, voire plus tôt encore, en 2011, lorsque toute cette affaire a été révélée.

Que de temps perdu !

Imagine-t- on ce qui aurait pu être fait de posi- tif, si la paroisse s’était alors ouverte de ses difficultés à gérer le foyer auprès des élus et des Robertsauviens, plutôt que de choisir de gérer cela en catimini et en défiance des autres ? Il eût fallu pour cela qu’elle se sente investie de la charge patrimoniale et symbolique que ce foyer représente pour les Robertsauviens et qui aujourd’hui lui revient en boomerang. L’est-elle plus aujourd’hui ? On peut en douter, même si l’optimisme, toujours de rigueur parmi nous, nous fait espérer le contraire.

Quand acceptera-t-elle notre main tendue ?

Juste avant Noël, le Maire nous a convoqués dans son bureau de la place de l’Etoile pour nous informer que la paroisse n’envisagerait de vendre le foyer à la Ville que si l’ADIR retirait les recours qu’elle a engagés contre les permis de construire restant en cours : celui de la nouvelle « maison paroissiale » à côté de l’église et celui de la maison dite « des Scouts » en face, rue Charles de Foucauld. En clair, le maintien de nos recours empêche la vente du foyer à la Ville (et à tout autre promoteur, faut-il préciser).

En réponse à ce nouveau chantage de la part de la paroisse, deux voies nous sont possibles.

La première est celle de la pour- suite de l’affrontement judiciaire : l’ADIR maintient ces deux recours, qui bloquent les projets de construc- tion et donc, la vente du foyer. Et le temps passe, qui peut durer (très) longtemps… Et personne n’y gagne. Au passage, il faut souligner que toute nouvelle vente du foyer devrait refaire le même chemin que celui qui a été emprunté par la vente aujourd’hui annulée : avis del’évêque, avis du conseil municipal, accord du Préfet… Et rebelote.

La seconde est celle que nous avons proposée au maire : nous nous mettons autour d’une table pour définir un projet qui satisfasse tout le monde, la paroisse, la Ville, les habitants et leurs associations. Pour nous, la paroisse devrait être asso- ciée à ce travail, parce que, nouveau foyer ou pas, nous restons convain- cus que certaines de ses activités pourraient continuer à s’épanouir dans un foyer Saint-Louis rénové et géré par la Ville.

D’autres acteurs de notre quartier devraient également participer à ce processus pour définir un projet global qui réponde aux besoins du quartier, dans une réflexion qui touche bien sûr au foyer proprement dit, mais aussi aux espaces alentours. Les réflexions menées par l’atelier sur la centralité, qui ont abouti au cahier des attentes publiés récemment, ouvrent la voie à un tel travail.

Si ce processus aboutissait à quelque chose de grand et de beau (et cela peut être fait vite), l’ADIR n’aurait plus aucune raison de main- tenir ses actions judiciaires.

Arriverons-nous à relever ce défi ?

Pour le Collectif 
Marc Hoffsess

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